Mais il n’empêche qu’il existe là-bas un état d’âme particulier qu’il faut surveiller de près, l’algérianisme. On est algérien d’abord, français ensuite.
Nous avons l’orientalisme, avec toutes ses subdivisions européennes, asiatiques et africaines ; nous avons l’italianisme, l’helvétianisme, l’algérianisme, l’alsacianisme, l’armoricisme, etc.
L’algérianisme exige que le roman soit centré sur la terre, sur l’arrière-pays, la colonisation, les mœurs et les coutumes des colons et des indigènes ; le mouvement se veut réaliste et s’exprime à travers les œuvres de plusieurs écrivains tandis que se développe un courant poétique en parallèle.
La définition de l’algérianisme comme une « grande famille aux membres multiples, dont l’arbre généalogique plonge ses racines à travers les couches de sols et de cultures extrêmement variés » renvoie - outre à une idéologie de la territorialisation qui emprunte très souvent ses métaphores au domaine arbustif - à d’autres influences.
Comme Hardigny semblait n’avoir pas d’idées précises sur le rôle de chaouch, l’habile secrétaire enveloppa sous des rires à Ahmed une leçon d’algérianisme au sous-préfet.