Si quelque chose dut confirmer Catuélan dans son enthousiasme shakespearomane ce fut le Jubilé célébré à Stratford en 1769, et que la Préface de 1776 décrit longuement en termes dithyrambiques, car les bardolâtres français virent dans les cérémonies organisées par Garrick les fastes d'un culte rendu à Shakespeare par une nation unanime dans son hommage.
Là encore, la relation à Shakespeare se joue sur un mode de l’ambivalence en ce qu’elle s’inscrit dans une tension entre une vénération à laquelle l’écrivain américain cherche à imprimer son propre rite (en substituant l’huile de palme à la graisse malodorante des bardolâtres) et une tentative d’inscrire le barde dans un processus historique en faisant référence à la Déclaration d’indépendance.
Certes, il n’y a ici guère de "découvertes" pour les bardophiles ou les bardolâtres qui regretteront, par exemple, le peu d’affichettes originales des films de leur idole (beaucoup n’étant que des reproductions); trop peu d’œuvres d’art originales aussi : pour les deux acryliques sur toile d’Andy Warhol, de 1974, le Van Dongen n’est qu’une lithographie et le Léonor Fini qu’une épreuve d’artiste.
"La Madrague" ayant les pieds dans l'eau, Brigitte Bardot et son mari vivent ainsi au milieu des touristes. Ils semblent tristement résignés au flot ininterrompu de bardolâtres. "Cerise sur le gâteau, dit son époux Bernard d'Ormale, il y a généralement dix-sept passages de bateaux avec des haut-parleurs dans lesquels le guide fait ses commentaires en français, anglais, allemand."