En ce moment, l’armée française commandée par le général Augereau manœuvrait en présence des Autrichiens, qui occupaient la rive droite du fleuve. Le quartier général de la division républicaine était à Coblentz, et l’une des demi-brigades appartenant au corps d’Augereau se trouvait cantonnée à Andernach.
Et ces soldats, tant glorifiés depuis, étaient menés comme des forçats, à cela près qu’on leur donnait rarement à manger. Il est vrai qu’ils étaient parfois d’humeur difficile. Témoin les trois cents canonniers de la 33 demi-brigade qui, l’an IV, à Mantoue, réclamèrent leur solde en braquant leurs pièces sur leurs généraux.
À onze heures, compte tenu des deux lieues que j’avais à faire et des cinq lieues que le lieutenant Costes devait parcourir pour me rejoindre au rendez-vous, les trois demi-brigades étaient alignées au Drammont ; et j’avais déjà, en attendant Costes, fait état de certains renseignements.