Je demandai à ma mère d’aller aux vergers cueillir la cerise. On en était aux griottes, rouges comme le sang caillé, translucides comme des pierres précieuses.
Le carrelage rouge du sol est sans doute la populaire griotte d’Italie ; le marbre vert du panneau du fond et du cercle du Christ, le verde antico, la serpentine de Toscane dont les Florentins se sont servis pour leurs grandes églises ; les barres noires, du marbre noir des Alpes fréquent aussi dans l’architecture toscane comme le marbre sombre à veines rouge sang et jaunes.
Une république de plâtre, début Troisième, avec une étoile dans les cheveux, observe d’un regard blanc les citoyens endimanchés de la Cinquième et le maire, barré de tricolore, déjà campé derrière une table de marbre vert, incrustée de griotte et de cipolin.
Une griotte vêtue de son bazin a chanté les louanges de notre famille, retraçant notre histoire dans la langue de nos origines, le soninké.
Si je suis bonne agrégée d’histoire, ce que je crois, je suis, hélas, misérable griotte.