Angad donna au mouvement un recueil d’hymnes et créa un alphabet spécial, le gurmukhi, sans doute pour mieux distinguer le sikhisme de l’hindouisme.
Une autre étrangeté de cette langue est d’employer trois systèmes d’écriture différents, largement en fonction de la religion : gurmukhi pour les sikhs, shahmukhi pour les musulmans et devanagari pour les hindouistes.
On annonce les fiançailles d’une gamine de onze ans « qui sait parler l’hindou, le gurmukhi, l’urdu, le perse et l’anglais, qui est encore à l’école et ne veut pas se marier avant d’avoir treize ans, pour le bénéfice de ses études ».
Le caractère captieux de la stratégie dissociant la langue de la religion n’échappa cependant à personne, puisque le pendjabi en caractères gurmukhi est la langue sacrée des sikhs et le véhicule de la révélation divine, alors que la majorité hindoue parlait, pour l’essentiel, elle, le hindi.
Il tendit à Tallantire un bout de papier sur lequel on avait écrit péniblement en maladroits caractères gurmukhis : « Nous ne pouvons retenir les jeunes chevaux. Ils iront la nuit prochaine après le coucher de la lune paître dans les quatres villages de la Marche en sortant par la pase de Jagai. »