Des yachts et des petits canots vêtus de leurs tauds d’hivernage dansaient doucement au mouillage, dans le mitant du chenal et on apercevait, sur la berge opposée, quelques vieilles carcasses à bout d’océan qui terminaient leur carrière dans la vase noire, sous les branches nues des chênes têtards.
L’aspect habituel du port était celui du profond sommeil ; au cœur de l’après-midi, dans ces journées encore chaudes qui précèdent l’hivernage, une buée de chaleur faisait seule trembler les gazons jaunes de la jetée déserte.
Le soleil ne restait au-dessus de l'horizon que pendant quelques heures. Un long crépuscule lui succédait. Le véritable hivernage, c'est-à-dire la séquestration, allait commencer.
La vie, après de longs mois d'hivernage, avait été arrêtée brusquement par l'arrivée de navire de la délivrance.
La très faible diversité génétique de l’abeille noire comparée à ces autres races montre qu’elle a frôlé l’extinction. Elle ne s’est maintenue qu’au travers d’une très petite population, soumise à une sélection naturelle sévère lui ayant permis d’acquérir de bonnes capacités d’hivernage.