Je me rappelle que, par une de ces fatalités qui font croire à la prédestination, nous attrapâmes le grand Martyrologe où sont contenus les faits les plus curieux sur l’abolition complète de la vie corporelle à laquelle l’homme peut arriver dans les paroxysmes de ses facultés intérieures.
Nous fêtons ce dimanche 26 mars, les Larissa. Elle ne figure pas dans le martyrologe romain, mais elle est honorée par les Grecs et les Russes pour avoir subi le martyre en Crimée au IVe siècle.
Parce que depuis Mungo-Park assassiné sur le Niger jusqu’à Yogel disparu dans le Wadaï, depuis Oudney mort à Murmur, Clapperton mort à Sackatou, jusqu’au Français Maizan coupé en morceaux, depuis le major Laing tué par les Touaregs jusqu’à Roscher de Hambourg massacré au commencement de 1860, de nombreuses victimes ont été inscrites au martyrologe africain !
En effet, l’histoire du Nouveau Monde n’est qu’un lamentable martyrologe, dans lequel le fanatisme et la cupidité marchent continuellement côte à côte.
Les Lettres à l’Étrangère, […] malgré cette jactance énorme, qui le fait se gonfler jusqu’à la bouffonnerie, sont le plus émouvant, le plus angoissant martyrologe qui se puisse imaginer d’une vie d’artiste.