Êtes-vous « pelléastre » ? Pour le savoir, il suffit d’écouter cet opéra sublime : soit vous trouvez ridicule cette quincaillerie symboliste, soit vous succombez à sa magie.
Ancienne lorette ambitieuse, notre « éberluée d’alcôve », ainsi dénommée par un chroniqueur opiomane et nyctophile, est devenue, une fois les boiseries de son home refaites avec un luxe tapageur et juste ce qu’il faut de japonaiseries, la poétesse « pelléastre et saphique de l’avenue Frochot ».
Car le pelléastre fait le plus grand tort à son idole qui proclame que la musique date de la création de Pelléas, que tout ce qu’on avait écrit avant n’existe pas, et qu’en particulier Wagner - Wagner le grand maudit, l’antéchrist de la religion nouvelle - ne se relèvera jamais de la rude secousse du debussysme.
Vuillermoz, « pelléastre » de la première heure, avait eu un réel mérite à reconnaître dès 1905 l’originalité si profonde de Ravel que l’on s’obstina longtemps à tenir pour un vulgaire suiveur de Debussy.