Ma Sœur & moi, dit la Saladière, nous n’avons qu’une même hiſtoire, que nous alons vous dire […]. Nous ſommes d’Aucerre, continue l’Herbière : Je me nomme Goton, & ma Sœur Nannette : Dans mon pays, je vendais du ſablon, & ma Sœur, de la ſalade de mâche, qu’elle allait cueillir dans les vignes, en-gardant trois Chèvres, qui nous fourniſſaient du beurre & du lait.
Les plats, les assiettes, les verres, la soupière, la saladière, la saucière, la salière, la poivrière, le moutardier, le compotier, les tasses, les jattes, le sucrier ; tout cela ensemble compose la vaisselle.
Utilisez modérément l’huile pour vos assaisonnements. Ne versez pas celle-ci directement dans la saladière mais utilisez une cuillère pour mieux doser la quantité nécessaire.
Parmi les fidèles, la fameuse Yolande, ma rivale, « saladière » redoutable, capable de faire se quereller des statues de marbre, avec ses cancans, ses racontars de moucharde, ses plaintes incessantes, ses menaces terribles et puériles.
[…] mais vrai, j’sais rien… et j’suis là à te raconter ma vie !… Tu vois, c’est toi qui te trompes ; on est toutes les mêmes, des saladières et pas autre chose !
Peu soucieuse d’un débat avec Bijou, qu’elle sait être redoutable saladière, la caissière, loin de venir à la rescousse, détourne la tête.
– Alors, on fait déjà la saladière ? – Non, madame, j’ai faim. Je n’ai rien mangé depuis… – Appelez-moi « Madame Chef » ! Et taisez-vous. On vous donnera quelque chose à manger tout à l’heure, si on peut ! Et je vous conseille, à vous, spécialement à vous, de ne plus vous faire remarquer.