Les boutiques à badigeon sombre portent une gourme négligée d’éclaboussures ; les maisons, au-dessus, tendent leurs faces chiffonnières, cendrées, avec des traînées de larmes couleur de café ; les fenêtres étroites, malsaines, n’ont que de la friperie à laisser voir.
La glose d’une sophistication intarissable dont il enguirlande les toilettes d’Albertine le dédouane de cette passion chiffonnière à laquelle il craint de se livrer, et qui s’enivre de ses volutes jusqu’aux recherches du maquillage et des accessoires.
Il ne fait ni une, ni deux, sitôt sa sœur et son jules partis bosser, il fait venir un chiffonnier juif et il vend les fringues, les draps qui lui venaient de sa mère, les rideaux qu’il décroche, les nappes brodées, tout !...
Les noms mêmes des petits métiers qui sont à la base de l’édifice du recyclage révèlent le côté dérisoire de ces occupations : plus spécialisés encore que le chiffonnier, il y a le ramasseur de crottes de chien, le ramasseur de bouts de cigare, etc.
Les ordures sont un véritable gagne-pain pour la centaine de milliers de «chiffonniers» qui collectent et trient quotidiennement plus de 15 000 tonnes de déchets issus de tous les quartiers de la capitale égyptienne.
Le chiffonnier de bois de rose était surmonté d’une coupe en argent, prix décerné par quelque société de sport.
Elle ouvre ensuite son chiffonnier, en retire une paire de pantoufles échantillonnées, coiffe son doigt d’un dé en or, enfile son aiguille à canevas et se met à broder avec ardeur.